Ouest France, 18/11/2016

Ils dialoguent pour lutter contre le harcèlement

  • Quelques membres de la cellule d'écoute qui lutte contre le harcèlement scolaire au lycée des Andaines de La Ferté-Macé.
    Quelques membres de la cellule d'écoute qui lutte contre le harcèlement scolaire au lycée des Andaines de La Ferté-Macé.

Jennifer CHAINAY.

Élèves et personnels pédagogiques travaillent ensemble au sein de la cellule d'écoute, au lycée des Andaines, à La Ferté-Macé. La seule de ce type dans l'Orne.

Pourquoi ? Comment ?

Pourquoi avoir créé cette cellule au lycée des Andaines à La Ferté?

Le projet date de 2014 et de l'ancienne direction en place. « L'action a été suggérée aux élèves, ainsi que le fait qu'ils soient référents au sein de cette cellule, explique Morgane Renard, proviseure adjointe du lycée des Andaines à La Ferté-Macé. L'idée, c'est d'avoir tous les niveaux représentés, que ce soit du lycée professionnel, du lycée général, et de l'internat. »

Chaque établissement doit disposer d'un plan contre le harcèlement scolaire, encadré par le Comité d'éducation à la santé et à la citoyenneté (CESC). Le lycée des Andaines est le seul, dans l'Orne, a avoir développé une cellule de ce type.

Qui compose cette cellule ?

Actuellement, une vingtaine d'élèves sont engagés dans l'opération, et travaillent en collaboration avec sept adultes du personnel enseignant.

Certains élèves ont eux-mêmes été victimes de harcèlement scolaire. C'est le cas d'Alexi, actuellement en classe de terminale. « Lorsque j'étais au collège, j'ai été harcelé. J'ai eu envie d'aider les autres en intégrant le dispositif. »

Les faits n'ont pas toujours lieu dans les établissements secondaires. Tiphaine raconte : « Je connais quelqu'un qui est en BTS. Elle ne voulait plus aller en cours. Dès qu'elle rentrait dans la classe, les autres riaient ou faisaient des messes basses. Pourtant, ce sont des adultes. »

Quel est l'objectif ?

Permettre de sortir les victimes de l'isolement. « Nous avons un rôle d'observation, de témoin, avance Alexi. Je pense que la sensibilisation est plus forte lorsque l'on discute d'élève à élève. » Après que la personne se soit confiée, qu'elle soit victime ou harceleur, l'élève membre de la cellule peut l'orienter vers un adulte : assistante sociale, infirmière ou autre membre de l'établissement.

En cas de harcèlement avéré, la priorité reste le dialogue. « En général, celui qui harcèle a vécu quelque chose de similaire ou qui s'en rapproche dans sa vie, avance Morgane Renard. La cellule permet de venir en aide aux victimes, mais aussi aux harceleurs, afin d'aboutir à une solution commune. » La sanction n'est pas systématique, même si elle s'avère parfois nécessaire. « Cela peut permettre de faire prendre conscience des choses. »

Quelles sont les actions de la cellule ?

Pour l'année scolaire en cours, des interventions dans les différentes classes du lycée sont prévues, afin de sensibiliser les élèves via des témoignages. « Il y a aussi des projections de films suivies d'un débat sur le sujet, et la création d'affiches et de vidéos diffusées au sein du lycée », détaille Alexi.