OUEST FRANCE, le 26/04/2018

À la mémoire d'une femme déportée

La petite fille de Szprinca Kruczyk-Woda, Anne Decosse, professeur de lettres et d'histoire et Aurélie Denis, documentaliste.
La petite fille de Szprinca Kruczyk-Woda, Anne Decosse, professeur de lettres et d'histoire et Aurélie Denis, documentaliste

Une plaque portant le nom de Szprinca Kruczyk-Woda, une Juive d'origine polonaise déportée pendant la Seconde Guerre, a été inaugurée samedi.

L'histoire

Tout commence en septembre 2015. Anne Decosse, professeur de lettres et d'histoire et Aurélie Denis, documentaliste au lycée des Andaines, répondent à un appel à projet de la Région et du Mémorial de la Shoah. L'archiviste Matthieu Le Goïc, des Archives départementales de l'Orne, retrouve la trace d'une femme juive ayant vécu à Tessé-la-Madeleine durant la Seconde Guerre avant d'être déportée. Commence alors pour les élèves de la classe de terminale professionnelle menuisiers agenceurs constructeurs bois une véritable enquête avec, pour seul indice de départ, un nom aux consonances polonaises : Szprinca Kruczyk-Woda.

La chance de vivre libre

Des archives départementales d'Alençon jusqu'aux portes du camp d'Auschwitz-Birkenau pour leur voyage d'étude, les vingt jeunes vont retracer, tout au long de l'année scolaire, le parcours de cette femme mais aussi de sa famille. Aidés par la mairie de Bagnoles-de-l'Orne, ils se déplaceront sur les lieux où vécurent Szprinca, son mari et ses enfants.

Une plaque a été dévoilée samedi, en présence de nombreuses personnalités et de la famille de Szprinca Kruczyk-Woda, devant la maison où elle a été arrêtée. « Cette plaque constitue la marque d'un chemin de mémoire qui permet à chaque habitant de notre ville mais aussi à tout visiteur de mesurer quotidiennement la chance qu'il a de vivre libre », a déclaré le maire, Olivier Petitjean, au côté de Philippe Auffret, conseiller municipal qui a participé au projet.

Bertrand Deniaud, vice-président du conseil régional, en charge des lycées et de l'éducation, faisait partie de la délégation partie à Auschwitz en mars 2016. Il s'est adressé à la petite-fille de Szprinca Kruczyk-Woda : « Votre grand-mère est morte parce qu'elle était ce qu'elle était, Juive en l'occurrence. Aujourd'hui en France, des gens sont assassinés parce qu'ils sont ce qu'ils sont, policiers, juifs, catholiques, prêtres, militaires, hommes et femmes du monde libre [...]. Cela nous démontre que l'effort ne doit jamais être arrêté, que l'histoire doit encore et toujours être enseignée [...]. »

 
 

La plaque est installée au 10, rue Pierre-Vivet, dans le quartier Tessé-la-Madeleine.