Le Publicateur Libre, le 20/04/2018

Samedi à Bagnoles, une cérémonie en l’honneur de Szprinca, tuée à Auschwitz en 1942

Samedi matin 21 avril, la population de Bagnoles (Orne) est invitée à participer à une cérémonie à la mémoire de Szprinca Kruczyk-Woda, tuée à Auschwitz à 43 ans.

Philippe Auffret et Anne Decosse près de la future plaque souvenir à Bagnoles (Orne). En médaillon : Szprinca. (©Publicateur Libre)

Szprinca Kruczyk-Woda a connu ce terrible destin, pour le simple fait qu’elle était juive. Nous nous devions d’organiser cette cérémonie pour le devoir de mémoire, à une époque où l’on constate que rien n’est jamais acquis en terme de tolérance et de racisme souligne Philippe Auffret, maire-adjoint à la solidarité. Nous voulions la programmer fin avril 2017, à l’occasion de la Journée nationale des déportés, mais nous étions en pleine période électorale et nous n’aurions pas eu la présence des autorités ».

Le souhait est de rappeler combien l’ignorance et les préjugés peuvent déboucher sur des actes de barbarie complète Anne Decosse, professeur d’Histoire au lycée des Andaines de La Ferté-Macé, qui a encadré le projet de ses élèves avec Aurélie Denis, professeur documentaliste.

Sur les pas de Szprinca

Confié à 20 lycéens fertois en terminale professionnelle menuisier agenceur constructeur bois, ce projet pédagogique a débuté à l’automne 2015.

« Nous sommes entrés en contact avec les archives départementales de l’Orne, afin de pouvoir mener des recherches sur une victime de la déportation de notre secteur, raconte Anne Decosse. C’est ainsi qu’on nous a indiqué le cas de Szprinca, une Bagnolaise d’origine polonaise et de religion juive, déportée à Auschwitz en 1942 ».

Après 5 mois de recherches via des ouvrages, des sites internet, les lycéens ont pu reconstituer son parcours et son arbre généalogique.

Née le 17 avril 1899 à Varsovie, Szprinca était couturière commerçante. Elle était mariée et avait deux fils, Israël né en 1926 et Simon, en 1929. Grâce à la collaboration de Philippe Auffret et des services de la mairie de Bagnoles, ils ont pu retrouver la maison que Szprinca louait avec ses enfants à Tessé-la-Madeleine : la Villa des Coccinelles, au 10, rue de la Mairie, devenue aujourd’hui rue Pierre-Vivet.

Plaque souvenir

Et en mars 2016, dans le cadre d’un déplacement organisé par la Région avec 5 autres établissements bas-normands, ces jeunes allaient découvrir le camp d’Auschwitz en Pologne où Szprinca décédera à 43 ans, le 7 août 1942.

Sur les 1 034 déportés de son convoi, seuls 4 sont revenus

rapporte Philippe Auffret.

Un voyage d’études plein d’émotion, comme le sera certainement la cérémonie organisée par la municipalité bagnolaise, samedi matin, rue Pierre-Vivet, qui sera fermée à la circulation. « Avec l’accord des actuels propriétaires de la maison, nous avons installé sur le trottoir un pupitre avec une plaque souvenir. Elle sera dévoilée par la petite-fille de Szprinca qui viendra de Caen et une partie des élèves qui ont travaillé sur le projet », annonce Philippe Auffret. L’hommage se poursuivra aux communs du château avec les prises de parole. L’occasion pour les lycéens de remettre au maire l’arbre généalogique de Szprinca réalisé en bois.

 

Cérémonie samedi 21 avril, 11 h 30, au 10, rue Pierre-Vivet, quartier Bagnoles-Château.