Il s’agit d’un programme de rencontres entre des jeunes chercheurs de toutes les disciplines et des collégiens ou lycéens, mené depuis 2006 avec le soutien de la Région Normandie.
Autour d’objets ou d’expériences, le chercheur évoque son parcours de formation, raconte son quotidien et invite au questionnement en entraînant les élèves dans son domaine de recherche.

Cette année, nous avons accueilli Diane Soussan et Adam Bertrand.

Adam Bertand est un doctorant en chimie. L’objectif de sa thèse est de créer des minerais en laboratoire. Il travaille sur les matériaux thermoélectriques et plus précisément sur la samsonite, un minéral argentique de manganèse et d'antimoine sulfosel.

On le retrouve naturellement dans les mines, comme en Allemagne dans la mine de Samson (d’où le nom du minéral). Il se présente sous forme de petits cristaux. Ainsi pour pouvoir l’utiliser dans des plaques thermoélectriques, sa synthèse en grande quantité est nécessaire.

Les applications sont multiples : ce minéral pourrait entre autres permettre la fabrication de badge souple thermoélectrique, servant de balise GPS pour les sportifs.  La balise GPS serait ainsi alimentée par la différence de température entre le corps du coureur et l’extérieur.

 

Les élèves ont donc essayé de reproduire virtuellement de la samsonite en utilisant le principe de la cocotte-minute pour cette expérience. Connaissant les éléments chimiques qui la composent (argent, soufre, l’antimoine, manganèse), ils devaient choisir les quantités de chacun d’eux, préciser le volume d’eau et la température à appliquer pour leur expérience.

Adam a pu ensuite donner les résultats de l’expérience proposée par les élèves.

Malheureusement les élèves ne sont pas parvenus à fabriquer le minerai mais n’ont, au moins, pas fait exploser le laboratoire !

Diane Soussan est une doctorante en microbiologie. Elle travaille sur une bactérie naturellement présente dans notre système digestif : Enterococcus faecalis.

Diane a présenté aux élèves les différents types de bactéries :

- les pathogènes : bactéries responsables d’une maladie chez un sujet en bonne santé : choléra, tuberculose, méningite… 

- les bénéfiques :   bactéries composant notre microbiote intestinal, buccal etc…

- les opportunistes : bactéries présentes dans la flore normale d'un individu, mais qui deviennent pathogènes à la suite d'un affaiblissement des défenses de l'organisme.

 

Les élèves ont pu faire une petite expérience en plaçant leurs doigts dans des boites de pétri remplies de gélose nutritive.

Ils pourront ainsi, observer l’action des gels hydroalcooliques, car certains groupes ont frotté la gélose avec leurs doigts passés ou non au gel hydroalcoolique.

Après culture en étuve à 37°C, Diane nous enverra les photographies des résultats.

Elle a ensuite expliqué les problèmes de résistance qui apparaissent dans les populations bactériennes. Les bactéries présentent, en effet, de plus en plus de résistances aux traitements à base d’antibiotique par exemple.

En 2050, les infections bactériennes pourraient devenir la première cause de mortalité dans le monde.

Des équipes de recherche, dont celle à laquelle elle appartient, travaillent sur des moyens de lutter contre les bactéries sans utiliser les antibiotiques. Certains cherchent à tuer les bactéries en utilisant des virus comme les bactériophages, d’autres, comme Diane, travaillent sur l’antivirulence. L’idée est de bloquer la virulence des bactéries sans affecter leur croissance.

Merci à ces deux doctorants pour leurs présentations très intéressantes qui susciteront, peut-être, des vocations.